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Bénédicte Simon
Pour une naissance sereine
Quel est votre projet ?
Pour une naissance sereine
Accoucher naturellement et sereinement n’est pas donné à tout le monde. C’est pourtant ce à quoi chaque femme enceinte pourrait aspirer pour vivre pleinement la rencontre avec son bébé. Mais beaucoup de femmes ont besoin d’une césarienne et trop encore vivent des accouchements traumatiques physiquement ou psychologiquement. Offrir à la plupart des femmes les mêmes conditions d’accueil du bébé que celui d’un accouchement par voie basse est l’objet de ma recherche depuis longtemps.
La « French AmbUlatory Cesarean Section » ou césarienne extra-péritonéale est une nouvelle technique chirurgicale mini-invasive, la mère pousse en soufflant dans un embout pour aider le bébé à sortir comme dans un accouchement par voie basse. Le bébé n’est pas séparé de sa maman. Il est installé immédiatement en peau à peau sur la poitrine de la maman jusqu’à la fin de l’opération et en salle de réveil. Le premier lien se tisse immédiatement dans les bras de la maman, avec l’échange du tout premier regard et des premières paroles. Dès son retour en chambre la maman est debout, suffisamment confortable pour s’occuper seule de son bébé. Le rétablissement est si rapide, que la plupart des femmes pourraient rentrer chez elle moins de 24 heures après la chirurgie. Cet accouchement très médicalisé est largement plébiscité par de nombreuses femmes qui y voient les avantages d’une naissance naturelle.
Cette approche permet de repenser la prise en charge des situations à risque pour les 20 à 30 % de femmes qui ont des accouchements difficiles ou impossibles. Bien évidemment, cette césarienne n’est pas une alternative aux accouchements par les voies naturelles simples, qui sont toujours préférables. L’écoute et le soutien pendant la grossesse des situations de détresse psychologique, la prévention des traumatismes physiques et psychologiques sont essentiels pour que l’accueil de l’enfant se passe le plus sereinement possible. La dystocie céphalo-pelvienne est la cause la plus fréquente des accouchements traumatiques. Sa détection avant l’accouchement permet de prévenir les risques et d’anticiper une césarienne.
Une IRM passée en fin de grossesse couplée à un logiciel innovant de simulation, permettent de faire l’accouchement virtuellement. Prédire les accouchements traumatiques permet de les éviter. Ce logiciel permet aussi de soutenir sereinement les accouchements naturels car on sait d’avance qu’il n’y a pas de disproportion entre la tête du bébé et le canal de naissance. Grâce à l’anticipation et la prévention nous pouvons « démédicaliser » prudemment les accouchements naturels et rendre naturel des accouchements très médicalisés, comme la césarienne et offrir à chaque femme une naissance sereine et respectueuse.
Quels ont été les obstacles rencontrés pour monter le projet ?
Le premier obstacle est la division de la communauté médicale au sujet de la césarienne. Dans sa forme classique, elle continue à être perçue comme un acte violent à éviter à tout prix ; parfois trop tardive ou comme dernier recours lors d’un échec d’accouchement par voie basse. Or les divergences actuelles quant à la manière d’accoucher ne doivent pas faire oublier le bien-être physique et psychologique de la mère et de l’enfant à ce moment unique de la rencontre où se tisse le lien. La sécurité à l’accouchement doit être une condition pour chacune, et tous les moyens doivent être mis en œuvre pour prévenir les accidents. Il faut rappeler que plus d’une femme sur deux vit un accouchement difficile, voire traumatique pour certaines. Avec de l’anticipation (anamnèse médical, confrontation céphalo-pelvienne…), il est finalement possible de prévoir certains traumatismes et un choix éclairé devrait être donné aux femmes. Mais la non prise en considération du souhait de la femme reste un obstacle majeur.
Quels sont les enjeux actuels de la santé ?
Face à une augmentation mondiale des césariennes, la France est engagée à en réduire le taux. Avec seulement 20% de césarienne la France est au 7ème rang du taux le plus bas sur 31 pays d'Europe. Or, la situation est très préoccupante en ce qui concerne les taux de mortalité in utero, de mortalité néonatale et maternelle avec le 7ème taux de mortalité le plus élevé sur 31 pays. Les épidémiologistes chargés d'analyser ces chiffres (Européristat 2015) sont à la fois surpris et démunis et c’est normal car ils ne sont pas sur le terrain.
Les gynécologues obstétriciens de terrain soumis à des conditions de travail difficiles et à des urgences vitales permanentes sont tout aussi démunis, débordés et impuissants. Il faut rappeler que la disproportion entre la tête du bébé et le canal de naissance est la principale cause d’accident évitable à terme pour la mère et l’enfant. Cette disproportion responsable d’accouchements difficiles ou impossibles, peut entrainer des séquelles traumatiques physiques ou psychologiques et parfois la mort qu’une césarienne anticipée aurait pu éviter. Les lésions cérébrales traumatiques ou hémorragiques liées aux tentatives d’accouchements forcés sont souvent méconnues mais peuvent générer des séquelles similaires à celles des bébés secoués. Il est arrivé que des parents soient accusés d’avoir secoué leur très jeune nourrisson, alors que les lésions provenaient d’une tentative d’accouchement forcé. Devant l’ampleur de ces accidents, deux associations de parents : ADIKIA et ATIDE se sont constituées pour alerter l’opinion publique.
Il est temps de revoir les préjugés sur la césarienne et de réconcilier les partisans de la voie basse et de la césarienne en une pratique commune et respectueuse du corps de la femme, de ce moment unique qu’est la naissance.
Et dans 10 ans, vous voyez ça comment ?
Il ne s’agit plus d’opposer l’accouchement par voie basse à l’accouchement par césarienne, mais d’offrir à chaque femme les conditions d'une naissance sereine. J’ai créé un outil d’évaluation de la pertinence des soins en maternité. Il analyse les facteurs de risque, les modalités d’accouchement, et les complications. Cette simple grille évalue si les moyens sont en adéquation avec les objectifs de sécurité et permet à chaque maternité de mettre en évidence ses priorités. Un projet de soins personnalisé pour la grossesse et pour l’accouchement devrait être établi pour chaque patiente, tenant compte des données médicales, psychologiques et sociales.
Un logiciel de prédictions des accouchements dystociques est à l’étude, il va permettre de révolutionner l’accouchement. Il sera désormais possible de savoir à l’avance qu’un accouchement est impossible ou non souhaitable et permettre d’opter pour une méthode de césarienne respectueuse du moment de la naissance et de la femme. Et si l’accouchement est possible, un accouchement naturel pourra être attendu et la physiologie de la naissance pourra être respectée. Les soins pourront alors enfin se consacrer à rendre les naissances sereines.